Raie Manta

MANTALEAU

 

fleche Retour menu Qui suis-je?

 

L'histoire de ma vie de plongeuse sans bulles...

 

 

Formation au Recycleur Recreational Trimix

Après la formation réalisée en 2010 en recycleur diluant air, (cf: Découverte et formation d'une plongeuse tropicale loisir à cette drôle de machine... )le but était de réviser les acquis précédents et de les compléter par l'utilisation d'un diluant Trimix.

 

Le besoin de réviser les bases

Ben oui, après 1 année sans plongées en recycleur, il nous semblait indispensable de reprendre en main la machine avec un moniteur. La préparer sous un oeil attentif pour ne rien oublier, avoir un bon briefing pour refaire le point sur le déroulement de la plongée et bien la préparer, replonger encadré et refaire les exercices pour se sentir plus à l'aise.

 

Le Trimix pourquoi faire?

Le niveau que nous avons passé en 2010 au diluant air permet d'aller à 40m, ce qui est déjà largement suffisant pour la plupart des plongées et honnêtement, ça me suffit.

Mais voilà, nous avons prévu une croisière en recycleur en Mer rouge en Septembre 2011, Légendes et Brothers, donc les Brothers, des épaves et des tombants... Nous avons fait cette croisière en 2010 et certaines épaves sont quand même un peu plus profondes que 40m... et nous étions un peu frustrés de ne pas pouvoir explorer le Rosalie Muller, posé sur un fond de 50m. La solution? Le Recreational Trimix, qui permet de descendre à 48m...

 

La formation et les plongées

Allez, c'est parti pour 6 jours de plongées en recycleur et de nouvelles aventures!

 

J1: la réadaptation

preparation de la chaux

8h00 sur le bateau, on retrouve les machines, reste à les préparer! Bon, ça va, à 2 avec mon binôme, on est complémentaires et on a encore de bons souvenirs mais c'est un peu brouillon quand même! Par chance, notre moniteur veille au grain. Il surveille chaque étape de la préparation et rappelle les manipulations à effectuer...le soin à y apporter, le soucis du détail... et avec le sourire c'est plus facile!

 

 

 

evolution vu de dos

 

Une fois l'équipement préparé et testé, c'est le briefing. Ballade, plongée de reprise sans exercice... ou disons que le seul exercice est de retrouver ses marques et de gérer sa plongée...

Bonne surprise, il y aura un 4ème plongeur sans bulles, Thierry, qui est venu avec sa machine.

 

Allez hop, à l'eau!

Cette première descente sera épique pour moi... comment dire... ça ne descend pas!

Ah oui, bien sur... il faut vider les faux poumons... zut, ça ne descend toujours pas... comment ça j'ai oublié qu'il y avait un gilet et qu'il fallait le vider? J'avoue... c'est fou comme on perd facilement ses repères de plongeur à bulle!

 

Alors voyons, on vérifie l'absence de bulles, et c'est parti... La stabilisation.... ben c'est pas fameux! Heureusement qu'il y a des zones de sable pour s'y affaler, oups, gare aux coraux... on dirait un groupe de débutants mal stabilisés, vaut mieux en rire, mais on ne se sent pas très fier sur le coup... allez, courage!

 

Paramètres de la plongée: Gamul Kebir, 77 minutes, 15 mètres.

 

Un bon repas, un peu de repos, et c'est déjà l'heure de préparer les machines et du briefing.

Cette fois, l'instructeur nous annonce des exercices, car il est nécessaire de bien maîtriser la gestion des incidents qui peuvent survenir : passage en bail out, flush diluant feront partie du début de la plongée, ensuite ballade... aisance et flottabilité à travailler!

Cette fois, la descente se passe mieux pour moi. Sous l'eau aussi, ça va un peu mieux, mais vers 10m, je n'arrive plus à me stabiliser correctement. 10m, 8m... et d'un coup: 0m!

Je n'ai pas su gérer, entre l'ADV qui semblait injecter du diluant, le set point que j'avais laissé comme convenu à 1.3, le volume du gilet, celui des faux poumons, ne pas souffler suffisamment en dehors de la boucle... J'ai fini les derniers mètres jusqu'au bateau en surface... avec mon gros dos jaune... heureusement que le ridicule ne tue pas!

 

Paramètres de la plongée: Gamul Soraya, 77 minutes, 20 mètres.

 

De retour au bateau, nettoyage des machines et consignes pour la soirée: révision de la théorie pour préparer les exercices du lendemain. A revoir précisément, la gestion des incidents (panne de diluant, panne d'oxygène, chute ou augmentation de la PpO2, alertes diverses et variées, mode d'emploi de l'ordinateur de la machine...) et les réactions adaptées à chaque situation (passage circuit ouvert, passage mode semi fermé, rinçage diluant/O2, fermeture des bouteilles, injections manuelle de gaz...)

Le nez sur le manuel, le sommeil gagne... demain sera un autre jour...

 

 

J2: exercices et émotions

les recycleurs

Les améliorations matériel du jour:

- La liberté de mouvements: à chaque fois que je tourne la tête, mon masque se coince dans la boucle, et hop, plein d'eau... agaçant. En arrivant le matin, je découvre que l'instructeur a résolu le problème en mettant des sangles afin de tenir la boucle éloignée du visage, ingénieux!

Le gilet est en taille M... comparé à mon stab habituel en XS, c'est un peu grand, du coup, il remonte assez haut sur les épaules.

 

 

- Et on discute d'un autre point qui me gêne: l'ADV. L'ADV, (Auto diluant Valve), sert à injecter automatiquement le diluant dans la boucle respiratoire, lors de la descente ou d'une dépression, afin de compenser la perte de volume. Lors de la formation, nous avions appris à effectuer la plongée ADV fermé, en injection manuelle uniquement, et à gérer les faux poumons en volume minimum. Cette fois, l'ADV était ouvert, et l'injection est donc automatique. Pratique à la descente car on n'a pas à se préoccuper de manque d'air, mais je trouvais que, comparé à mon volume respiratoire, l'ADV injectait beaucoup trop et les faux poumons étaient gonflés bien au delà de mes besoins. Cela avait-il contribué à ma remonté trop rapide de la veille? L'instructeur nous explique qu'une fois au fond, il suffit de le fermer, et de gérer ensuite manuellement comme lors de la formation. C'est ce que je ferai pour les plongées suivantes, et je me sens nettement plus à l'aise sachant que c'est moi et non un mécanisme, qui détermine le volume à injecter dans la boucle... et surtout quand cela se produit, afin de mieux prévoir la flottabilité et ses variations.

 

Après avoir préparé les machines, changé la chaux, effectué tous les tests de surface, récapitulé les incidents et les conduites à tenir, nous arrivons au mouillage de la plongée qui se fera sur l'épave du Salem Express.

Briefing détaillé concernant les exercices et la plongée, et mise à l'eau.

Ah, ça va déjà beaucoup mieux! La boucle ne gêne plus les mouvements de mon visage, la descente se passe bien (J'ai pourtant enlevé 1kg), nous nous dirigeons vers un coin tranquille et un fond de sable à 30m pour mettre en pratique les différentes conduites à tenir en cas d'incident.

L'instructeur nous montre au hasard une plaquette immergeable sur laquelle figurent diverses indications (par exemple le mot "boum", ou une pression de Ppo2...) et il faut réagir. On se refait toute la série des cas possibles et j'aime ça! Cela me rassure de constater que nous pouvons gérer (bien sur, dans un contexte sans stress...), les différents problèmes qui peuvent survenir.

 

On se dirige ensuite vers l'épave, pour constater que tous les autres plongeurs ont disparu, certains sont là haut en surface, d'autres sans doute déjà sur le bateau.

 

Quelques mots sur cette épave. Le Salem Express est un ferry transportant des pèlerins de retour de La Mecque qui s'échoua sur le récif durant une nuit agitée en décembre 1991. Une déchirure de 10 m s'ensuivit, l'eau s'engouffra très rapidement et entraîna le Salem Express au fond. Le bilan humain est très lourd, sur les 690 passagers estimés, 180 seulement en réchappèrent. L'épave gît aujourd'hui couchée sur le flanc tribord, sur un fond de 30 mètres et remonte dans 10 mètres d'eau. La découverte du site est impressionnante, non seulement par la taille du navire mais surtout par le poids de la tragédie encore bien visible: des objets épars ayant appartenu aux passagers sont bien visibles et on ne peut pas y rester insensible.

Nous avions déjà plongé le Salem Express une fois en 2008, plus depuis, et j'en gardais le souvenir de la vie qui s'y était installée. Mais cette fois ce fut différent... Ma vision de l'épave n'est plus tant celle de la colonisation de la faune mais celle d'un ressenti beaucoup plus fort en ayant pris le temps d'observer dans le silence des recycleurs, les chaloupes de sauvetage, encore à poste sur leurs bossoirs, toutes ces tôles ondulées, tous ces objets qui accompagnaient les voyageurs.

Nous faisons le tour de l'épave, longeons les coursives... on se retourne, on s'éloigne, on change de point de vue... on profite de tout ce temps permis par le recycleur et de l'absence de tout autre plongeur.

Nous plongeons ensemble, mais j'ai l'impression de vivre cette plongée en solo.

Le silence est troublant, émouvant. Comment décrire? Je ne sais pas vous expliquer, l'art des mots me manque. Remuant? Poignant? C'est comme entrer seul dans une immense cathédrale et n'entendre pour tout bruit que sa propre respiration, comme suivre du regard une procession silencieuse et en ressentir l'émotion collective...

Je me souviens en 2010 d'une forte émotion ressentie lors du premier plouf en recycleur dans le bleu. L'impression de se fondre avec l'environnement, un sentiment de vertige et de beauté... Cette année, ce sera cette plongée qui m'aura le plus marquée.

Décidément, le recycleur est particulièrement approprié pour ce type de plongée. Il décuple les sensations et la magie d'une épave, tout en permettant d'y rester bien plus longtemps.

 

Remontée sans soucis, palier de sécurité. J'ai fermé l'ADV en arrivant au fond et je me suis sentie beaucoup plus à l'aise tant pour l'exploration que pour la remontée.

De retour sur le bateau, nous partageons nos ressentis et l'instructeur confirme cette autre façon d'aborder une épave avec un recycleur... Outre magnifier le bleu et, les épaves, il me dit que cette émotion particulière, on la ressent aussi en plongée de nuit en circuit fermé... Je comprends... ça me fait envie...

 

Paramètres de la plongée: Salem Express, 69 minutes, 31 mètres.

 

Repas, repos, préparation du matériel, déjà le briefing suivant. L'instructeur nous explique le site de Sha'ab Claude, l'orientation, la plongée, qui consiste à tourner autours d'un récif.... et nous annonce qu'on partira seuls tous les 3, avec mon binôme et Thierry... parce que quand même, on est supposés être autonomes et se prendre en charge seuls!

Je suis moins ennuyée que je le pensais sans la présence rassurante du moniteur. Je connais mes binômes, je leur fais confiance, et la plongée du matin m'a permis de me sentir mieux et plus à l'aise.

Et nous voilà partis, d'un rythme lent, contemplatif...

Au bout d'une trentaine de minutes, au détour d'une patate de corail, nous voyons d'un coup surgir en face de nous une machine jaune, c'est l'instructeur qui nous attendait en planque (eh oui, facile quand on ne fait pas de bulles!), et qui nous met sous le nez l'une de ses plaquettes immergeables pour signaler un incident. Tiens, ça me fait encore sourire en écrivant... il est vraiment terrible cet instructeur! et hop, action! Exercice OK, l'instructeur, satisfait, reprend sa route en sens inverse de nous et rentre au bateau, comme d'autres plongeurs à bulles que nous croisons.

 

Paramètres de la plongée: Sha'ab claude, 90 minutes, 20 mètres.

 

Fin de plongée, une fois le nettoyage du matériel terminé, nous profitons de quelques minutes de repos le temps de rentrer à la marina. Car ensuite, il est temps de faire un peu de théorie concernant la planification des plongées profondes, l'hélium... et de préparer la plongée du lendemain.

 

En sortant du bateau, direction le centre de plongée, à 5 minutes de là. L'instructeur commence par nous expliquer des simulations de profils avec ProPlanner, on calcule les expositions à l'O2, le compteur SNC, l'OTU... Puis le volume des gaz nécessaires... Ensuite on intègre l'hélium. Et on calcule le mélange optimal pour une PpO2 max et une profondeur équivalente narcose souhaitée. C'est très mathématique tout ça et je trouve cela passionnant!

On finit le cours en préparant la plongée du lendemain, 42m 20mn / 25m 25mn et ses paliers à 22m, 18m et 4,5m. Puis le calcul du scénario en bail out, les gaz et quantités à emporter.

 

C'est la tête bien remplie et le corps fatigué que nous rentrons à l'hôtel, douche, repas, dodo... on ne traîne pas!

 

 

J3: planification profonde, petite narcose, longue plongée et grosse fatigue!

préparation des recycleurs

 

C'est avec un soin que nous préparons les machines, puis les plaquettes immergeables que l'on emportera afin d'avoir tous les paramètres de la plongée: le scénario prévu (temps à chaque profondeur, paliers), le scénario de secours en circuit ouvert...

 

 

 

 

 

 

préparation des recycleurs

Le superbe site de Panorama nous attend.

 

La mise à l'eau se fait du zodiac... et je dois dire que je ne suis pas fan! Un peu de mal à descendre les 3 premiers mètres.

Petit stop à la descente pour la classique inspection visuelle pour vérifier l'absence de bulles, direction 40m sans oublier de surveiller l'ordinateur et la PpO2...

 

Tiens, bizarre.... je me sens bizarre... est-ce la fatigue? le stress? un peu de palmage pour quitter au plus vite le plateau et aller immédiatement sur le tombant pour éviter le courant?...

Ce n'est pas intense, mais je ressent clairement des sensations bien connues de narcose... et j'aime pas ça! Ben oui, il y en a qui aiment, moi pas...

 

On passe de 42m à 38m et ça va déjà mieux. Le tombant est magnifique, on traine le long d'une crevasse et on remonte par palier.

Au bout de 60 minutes, nous avons fini les paliers, l'instructeur nous fait signe qu'il met le turbo dans ses palmes et nous retrouvera au bateau... c'est vrai que je suis lente, et on est encore loin du bateau...

70 minutes, je commence à fatiguer, à avoir du mal à rester stabilisée dans la zone des 5/6 mètres. Du coup, je sais que je me fatigue encore plus.

75 minutes... mais où est le bateau?

80 minutes... cette fois, j'en ai marre, je suis fatiguée, grognon, j'ai froid, et je n'ai plus envie de me forcer à avancer. Je fais signe à mes 2 binômes que ça suffit comme ça, ça ne m'amuse plus... allez hop, parachute, pause, on entend le zodiac arriver, et on remonte.

Bonne initiative car le bateau était encore très loin! L'absence de courant le long du récif ne nous ayant pas aidés à avancer, et contournant le site au lieu de filer droit au bateau comme l'instructeur, on risquait d'y passer tout le repas du midi!

 

Paramètres de la plongée: Panorama Nord, 85 minutes, 42 mètres.

 

Ces 85 minutes m'ont épuisée, je me sens vidée. Malgré la beauté du site, je renonce à la plongée de l'après-midi. Je ne me force jamais à plonger, et lorsque je doute, si je me pose la question de plonger ou pas, c'est que la réponse doit être négative. Quelle que soit l'envie qui revient ou les éventuels encouragements des autres...

 

Un peu de repos me fait le plus grand bien, car ce soir encore, direction la salle de cours. Il s'agit cette fois de planifier le plongée du lendemain à l'hélium.

Etant donné mon début de narcose du jour, je suis un peu inquiète, mais l'instructeur nous fait planifier la plongée avec un équivalent narcose bien inférieur à 40m.

On simule plusieurs profils de plongée pour voir ce que cela donne en terme de paliers et de durée totale de plongée. On compare les profils obtenus en faisant varier les mélanges et on calcule les scénarios de bail out qui leur sont associés ainsi que la quantité de gaz à emporter et les paramètres d'exposition à l'O2. Il faut que la plongée reste raisonnable, à la fois sur les machines, mais aussi en cas d'incident et de passage en circuit ouvert.

On se met d'accord sur le scénario et on passe commande du mélange choisi, ce sera un trimix 17/20 (17% d'helium, 20% d'O2), un bail out à 27%, un autre à 80%.

On note précisément tous les paramètres qui seront inscrits le lendemain sur les plaquettes immergeables... et nous rentrons à l'hôtel pour le scénarios désormais classique: douche rapide, repas, dodo!

Demain, je saurai ce que ça fait, un peu d'hélium en plus!

 

 

J4: Hélium!

préparation des recycleurs

 

Allez, c'est parti! direction le superbe site de Middle Reef!

Concentration à la préparation des machines, minutie des tests en surface.

On note les paramètres de la plongée à venir, le run time et le scénario en circuit ouvert sur les plaquettes immergeables.

 

Briefing détaillé, rappel des éléments de sécurité, de la conduite à tenir... et amusons nous!

 

Départ zodiac, la descente se passe bien, on se surveille mutuellement... je suis à l'écoute de mes sensations... pas le moindre signe de narcose! Le tombant est magique, nous sommes seuls, pas la moindre bulle aux alentours. J'ai l'impression d'en profiter comme jamais de tout ce bleu au dessus, autour, en dessous.

Seule déception, on n'a pas de voix de canard quand on parle, dommage!... ;-)

Mais quelle superbe plongée, tout y était, le plaisir, la beauté du site, des conditions idéales... rien à ajouter, le bonheur!

Débriefing positif. Tout va bien, côté stabilisation et aisance, on est ok! Je me répète, mais c'était vraiment magique!

 

Paramètres de la plongée: Middle Reef, 75 minutes, 48 mètres.

 

superbe plongée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

superbe plongée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un bon repas, un peu de repos des images plein la tête, et hop, on prépare la plongée suivante.

On ne va quand même pas vider les bouteilles qui sont encore bien pleines, ce sera donc à nouveau une plongée avec le même mélange que le matin, que l'on planifie cette fois à 35m maxi... faut être raisonnable! Briefing, on détaille la plongée, la déco...

Plongée en autonomie, juste mon binôme et moi. Superbe ballade sur le tombant de Middle Reef, côté opposé à la plongée du matin. On en profite, on prend notre temps.

Côté technique, la descente se passe bien, la remontée aussi. J'ai encore un peu de mal à rester bien équilibrée à partir de 8m. En fait, je crois que j'appréhende tellement de remonter trop vite comme le premier jour, que je sous estime la flottabilité, je suis systématiquement trop négative... il y a encore beaucoup d'expérience à acquérir pour améliorer l'aisance, ça vient, lentement...

 

Paramètres de la plongée: Middle Reef, 82 minutes, 35 mètres.

 

Non, la journée n'est pas finie.

Bien sur, il faut rincer les machines, les démonter et mettre au sec, comme tous les soirs.

Et cette fin de journée encore, rendez-vous au club pour un cours de théorie.

Un exercice à réaliser sur un calcul de planification de plongée, afin de valider que nous avions bien compris et intégré les cours précédents. On calcule, pour une profondeur équivalent narcose donnée et une PpO2 définie, le trimix optimal et comment on va gonfler les blocs, le bail out, les gaz nécessaires, le plan de secours...

Pendant le cours, nous assistons à la préparation minutieuse d'une plongée d'exploration prévue le lendemain entre guides. Un site à 60m a été décrit et semblerait idéal pour les formations plus profondes. Reste à localiser précisément ce site et à l'explorer.

 

 

J5: de bien belles plongées...

tout est ok

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

tout est ok

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur le bateau, chacun s'active.

Les plongeurs bouteille autonomes ont un briefing, une plongée et un largage spécifique.

3 moniteurs préparent le scénario de leur exploration profonde, les multiples bouteilles, parachutes et contrôlent avec soin leur équipement.

Les 3 plongeurs recycleur que nous sommes avec mon binôme et Thierry, planifions une autre plongée, avec un largage zodiac séparé et une plongée spécifique.

Notre objectif sera simple, plonger ensemble sans oublier le check des bulles à la descente, de se surveiller, de bien contrôler nos instrument, et se faire plaisir, profiter!

Bon, OK, le moniteur nous fait encore confiance, on est autonomes...

Un peu de mal à descendre, un oreille fait des siennes... et c'est moins facile à gérer en largage zodiac.

Une fois en bas, quelle tranquillité sous l'eau!

Nous sommes le seul bateau sur site, chaque palanquée a pris sa propre direction et du coup, pour les non bulleux que nous sommes, le silence lié à l'absence de bulles est fantastique.

On se promène, on admire, et bien sur on suit le planning que l'on s'était fixés.

De mon côté, je me sens à l'aise et équilibrée tout au long de la plongée... sauf encore au delà de 8m... disons vers 6m... Toujours "bien intentionnée" de ne pas vouloir remonter trop vite, je me rends bien compte que je suis encore un peu en flottabilité négative... un défaut qui semble s'améliorer, mais qui nécessite encore de la pratique!

 

Paramètres de la plongée: Abu Kefan, 76 minutes, 37 mètres.

 

Nous sommes bon derniers à rentrer au bateau... comme d'habitude! Tiens, les moniteurs sont déjà là... et alors? vous avez trouvé le site à 60m? Non, zut alors... voilà, nager de longues minutes à chercher dans le bleu sans trouver, ça fait aussi partie du métier d'explorateur. Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour trouver de nouveaux sites pour les clients! Comme quoi, il y a encore des sites à découvrir et à cartographier, même sur des sites aussi connus que Safaga!

 

Repas, repos, préparation des machines et plongée suivante.

 

Seconde plongée à Abu Kefan, j'adore ce site, le plateau est magnifique, coloré, plein de vie... je regrette de ne pas prendre mon appareil photo mais il est encore trop tôt, quand je maîtriserai mieux la descente et le palier... quand je sentirai que je peux commencer à me concentrer sur autre chose... pour l'instant, je profite pleinement de la vue, du silence, de ces nouvelles sensations.

Départ bateau, ce qui facilite la descente car une oreille fait la tête et passe difficilement, retour bateau... l'orientation est facile en suivant le récif, petit tour sur le plateau, retour en sens inverse. Pas de gros dans le bleu, mais peu importe, la vie de récif, les gorgones, las nuées d'anthias, les murènes, balistes, empereurs... constituent un superbe ballet dans lequel il est magique de s'intégrer quand on ne fait pas de bulles.

 

Paramètres de la plongée: Abu Kefan, 70 minutes, 30 mètres.

 

Après avoir pris soin de nettoyer et rincer le matériel, débriefé, la bonne nouvelle du soir: quartier libre, pas de cours!

Pour une fois, nous rentrons avec les autres plongeurs du bateau et direction la piscine, où se déroulera une partie de ballon passionnée.

Ce soir, on traîne un peu, moins de fatigue, demain est déjà le dernier jour sans bulles, ça passe trop vite!

 

 

J6: les bulles c'est bruyant!

 

Nous sommes autonomes, le cours est terminé, plongées loisir aujourd'hui.

La préparation du matériel s'effectue de plus en plus aisément, on enchaîne méthodiquement le remplissage de la chaux, la mise en place du canister, des bouteilles, les contrôles de surface...

Départ zodiac le long d'un tombant proche de la baie de Safaga. Les bulleux s'écartent et on de promène à la recherche d'une petite grotte. D'un coup, on entend beaucoup de bruit, c'est comme si on mettait la tête sous l'eau dans un jacuzzi. Un autre bateau a largué ses plongeurs et nous entendons la troupe arriver. On s'écarte, on ralentit pour laisser passer des plongeurs qui semblent bien plus pressés que nous. C'est vrai que la contrainte de temps n'est pas la même, limité par le volume des bouteilles et les paliers qui arrivent vite! Nos ordinateurs nous indiquant qu'on a encore largement le temps, cela m'amuse, je savoure la possibilité de s'arrêter, faire un aller retour le long du tombant, aller un peu plus dans le bleu.

La plongée est planifiée sans déco, nous remontons donc tranquillement sur le plateau et trouvons des hordes de plongeurs en file indienne le long du récif dans la zone des 5/10m, sur le chemin de retour aux bateaux amarrés un peu plus loin. Quel bruit assourdissant! De nouveau nous nous éloignons sur le plateau, dans les 15/20m, il n'y a plus personne. Nous découvrons de jolis poulpes perchés sur des coraux et passerons de longues minutes à les observer de très près. Ils ne s'éloignent pas, ne s'enfuient pas. Dommage, je n'ai pas pris mon appareil photo...

 

Paramètres de la plongée: Abu Soma, 68 minutes, 36 mètres.

 

Dernier repas du séjour sur le bateau et dernière préparation des machines.

La plongée est prévue départ zodiac et retour bateau, le long du récif de Tobia Kebir.

On saute à l'eau mais mon oreille ne passe pas... inutile d'insister bêtement... nous remontons sur le zodiac et repartons au bateau. De là, je tente de descendre doucement à la corde, et cela fonctionne. Du coup, nous partons plonger tranquillement.

Au bout de quelques minutes, le bruit des bulles... on regarde autour de nous mais on ne voit pas de plongeurs. Il seront visibles après quelques instants et encore une fois, nous regarderons amusés passer un troupeau le long du récif. C'est fou comme le bruit des bulles s'entend bien, je me demande comment je ne m'en étais pas rendue compte auparavant... je devais être sacrément concentrée sur la machine, la plongée, la technique, les exercices...

Je deviens plus attentive à l'environnement, c'est positif!

 

Paramètres de la plongée: Tobia Kebir, 70 minutes, 25 mètres.

 

Cette fois, c'est la fin du séjour plongée à Safaga. Rinçage encore plus méticuleux du matériel avec un produit désinfectant pour la boucle et les faux poumons, démontage et rangement des machines dans leur caisse, bien au sec. Demain nous partons en croisière, et on fera des bulles bruyantes!

 

mon binôme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

c'est moi!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bilan de cette seconde semaine en circuit fermé...

A ce stade,

2010: 10 plongées, 666 minutes

2011: 11 plongées, 839 minutes

Déjà 25 heures, seulement 25 heures d'expérience et des progrès à faire: la stabilisation dans la zone 5/6m et la descente... Je devrais peut-être laisser l'ADV fermé même pour amorcer la descente... qu'en pensent les habitués du recycleur? qu'est-ce ce que vous faites?

Je ressens désormais le besoin d'un peu de lecture aussi, en regardant quelques pages des livres achetés l'année dernière, je les relis différemment, j'ai l'impression de les redécouvrir sous un autre éclairage, et j'ai envie d'en assimiler un peu plus sur l'hélium.

 

A venir en recycleur

C'est bientôt, une semaine est prévue en septembre à Safaga. Cette semaine sera suivie d'une croisière en Mer Rouge pour aller visiter un peu plus les tombants et épaves... toujours sans bulles!

Gros avantage donc, tout sera prévu, les machines, la chaux, les gonflages, l'oxygène, l'hélium... En outre le bateau est spacieux, le problème de place tenu par les machines sera donc moindre que sur un bateau de croisière standard. Sans compter les 2 gros zodiacs du Nautile, bien spacieux. Et bien sur, il y aura sur le bateau la présence du moniteur.

A priori, nous serons pour cette première sortie une dizaine de non bulleux, le reste des plongeurs à bulles. On pourra donc s'organiser afin que chacun profite au maximum de ses plongées.

Au programmes, les Brothers, les tombants de Safaga et les principales épaves.... ça fait envie!

Ma seule crainte, le courant...

 

La suite des niveaux?

A ce stade, je n'envisage pas l'étape du Trimix Normoxic, d'une part parce que je n'en ai pas encore les compétences pour ma propre sécurité et celle de mes binômes, d'autre part parce que cela commence à être nettement plus contraignant pour mes petites épaules compte-tenu des bail out à emporter. Autant jusque là, cela reste un loisir, technique certes, mais un loisir, autant ensuite, cela s'envisage avec la possibilité de pratique régulière, ce qui n'est pas mon cas (les carrières et lac du Nord ne m'attirent gèrent, déjà que j'ai froid en 7mm dans de l'eau à 27°....). Et puis il y a la limite physique... je ne me vois pas transporter la machine, 2 bails out de 12l... je crois que cela ne m'amuserait plus...

 

Un aparté concernant les ordinateurs...

Pour la petite histoire, on envisageait d'acheter 2 ordis type OSTC, Shearwater... afin d'avoir un ordinateur de back up en recycleur. On en a profité pour se renseigner au salon de la plongée sur un stand... d'où nous sommes repartis sans acheter en raison de l'attitude fort désagréable des vendeurs... le genre de messieurs qui n'ont pas compris que quand une fille pose une question, puis 2, puis 3... ils ont le droit de lui répondre et non pas de s'adresser systématiquement au binôme plus velu... la politesse de macho dans toute sa splendeur... voilà, c'est bon, je l'ai dit, ça fait du bien!

Bref, dépités (le mot est faible... car ce sont bien d'autres qualificatifs que la politesse fait que l'on n'écrit pas, qui m'ont traversés l'esprit), car mon binôme aussi ça l'a sérieusement agacé, nous demandons conseil à Yannig, sur un autre stand Tek. A ce stade, il nous conseille de nous tourner vers un ordi nitrox permettant le changement de gaz sous l'eau pour un budget beaucoup plus réduit.

On trouve 2 bonnes affaires plus tard sur le web, l'une avec un Mares Nemo Wide, l'autre un suunto Vytec DS. Ces 2 modèles permettent de paramétrer 3 mélanges nitrox, jusqu'à 100% d'O2, et de les changer sous l'eau.

Lors des plongées en ccr, pour avoir un back up par rapport à l'ordi des machines (et en plus du run time planifié pour les plongées un peu plus engagées), on paramètre nos 3 mélanges en fonction du profil de la plongée multi niveaux: 1 pour le fond, 1 pour le niveau intermédiaire et 1 pour le palier. Le palier est paramétré en 80% O2 (si on maintient la PpO2 supérieure à 1.3 à 6m), les autres mélanges correspondent au point bas de chaque niveau, considérant une PpO2 de 1.3 (celle qui est réglée sur les machines). Par exemple, si on prévoir de passer du temps à 40m, on règle 25% d'O2 (42m par sécurité, 1.3b d'O2 soit 1.3/5.2 = 25%), puis pour le plateau que l'on visitera et qui commence à 25m 37% d'O2 (1.3/3.5). Mieux vaut emporter une calculatrice avec soi pour préparer la plongée en fonction des sites et du briefing sur le bateau!

En cas de plongée préparée au run time, c'est ce dernier, qui était suivi. Le reste du temps, le plus pénalisant de tous les ordis, des machines ou des back up. Ce sont les ordinateurs de back up qui étaient les plus pénalisants, en particulier avant d'aborder la zone des 6m, puis une fois passés à 80% d'O2, l'écart se réduit et compte tenu du fait que la plongée se prolonge souvent bien au delà de tout palier dans la zone des 5/6m, le fait d'avoir des ordinateurs dans une gamme "non tek" n'est pas gênant du tout. Ils avait raison Yannig. Effectivement, si on veut aller ensuite plus loin, des ordinateurs permettant Hélium et PpO2 constante seraient plus adaptés, mais on n'en est pas encore là...

 

Conclusion

Cette semaine a été très bénéfique!

- la découverte de sensations claires à 40m et plus avec un peu d'hélium,

- les planifications de plongée, les calculs, les run time, les scénarios possibles selon les mélanges... très enrichissant...

- la magie des tombants et plateaux dont on peut profiter très largement avec un recycleur avec des contraintes de temps beaucoup moins fortes, tant au niveau de la déco que de la consommation,

- la sensation indescriptible ressentie lors de la visite d'une épave en silence,

- la pratique et une meilleure aisance, même si il y a encore de la marge de progrès... à dire vrai, la première semaine de formation m'avait semblé tellement difficile que je me demandais si j'allais faire la croisière de Septembre avec ou sans bulles...

- la découverte du bruit des plongeurs à bulles!

 

 

Retour en haut de la page

© MANTA 2008 - 2011